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Publié le 04 juin 2010
Chefs de projets : le match entre experts et généralistes en 10 rounds. Faut-il mieux choisir un expert ou un généraliste comme chef de projet ?
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Pour tenter de répondre à cette délicate question, essayons de réfléchir sur quelques critères de comparaison.
Round 1 : Compétence sur le coeur de métier
Un projet est en général axé sur une compétence particulière. C'est particulièrement vrai pour les projets R&D. Dans ce cas-là, pas de doutes, point à l'expert qui domine le sujet au coeur du projet.
Round 2 : Capacités managériales
Je sais le point discutable mais on peut penser qu'un expert est devenu expert en passant du temps à travailler dans son domaine, souvent au détriment d'activités managériales. Par goût, pour éviter de se disperser. Souvent, les experts ne sont pas toujours reconnus pour leurs capacités en management. Point au généraliste, moins pointu mais avec une expérience de management d'équipe poussée.
Round 3 : Ecoute
Point sensible. C'est très lié à la personne bien entendu. En équipe projet, on constate néanmoins que la capacité d'écoute et d'échange des experts se réduit fortement en dehors de leur domaine d'intérêt. Le complexe du réverbère en résumé. Point au généraliste.
Round 4 : Ouverture des débats
Point au généraliste car l'expert a le travers, souvent sans le vouloir, de stériliser les débats. En particulier dans son domaine d'expertise, sur le thème "Si lui, l'expert, n'y a pas pensé; c'est sans doute que mon idée est idiote. Je me tais". Cette auto-stérilisation ne se retrouve pas face à un généraliste sans prétention de maîtriser un sujet.
Round 5 : Crédibilité du projet
La crédibilité d'un projet est une notion purement subjective et culturelle. Toutefois, l'image d'un projet dirigé par un expert du domaine est en général, au commencement tout au moins, nettement meilleure avec une expert à sa tête. Cela prouve que l'on nomme les meilleurs (experts, pas forcément chefs de projets). Le généraliste bénéficiera d'un capital crédibilité moindre et devra la gagner. Point à l'expert.
Round 6: Autorité
Parmi les facteurs d'influence, l'autorité est une composante importante. S'imposer au sein de l'équipe quand on est reconnu expert est plus facile. La culture de la plupart des entreprises reste technique et l'expert y tient une place importante. Round à l'expert.
Round 7 : Crédibilité vers le Copil
La relation avec le sponsor et le comité de pilotage est fortement liée à la crédibilité accordée au chef de projet par les membres du Copil. Les dirigeants dans le même domaine que l'expert chef de projet lui accorderont crédit. Les autres beaucoup moins, le suspectant de tirer la couverture à lui et à son domaine, sans prendre en compte toujours les besoins des autres domaines. Le généraliste lui aura une image plus neutre. Match nul.
Round 8 : Capacité management de projet
Sans hésitation, le généraliste aura à coeur de s'appuyer et développer son savoir-faire de management de projet (et de management tout court) car c'est sa meilleure carte. L'expert s'appuiera en priorité sur son expertise pour convaincre et s'imposer. Round au généraliste.
Round 9 : Communication & soft skills
Même constat pour que pour la capacité en management de projet. La communication devenant le nerf de la guerre de la plupart des projets, et la seule valeur technique ne suffisant plus à convaincre au sein d'organisations complexes, le généraliste a là un avantage décisif. Point au généraliste.
Round 10 : Retour d'expérience
Historiquement, le sens de l'histoire va vers des chefs de projets de moins en moins experts, mais dotés de capacités managériales et de communication pointues. L'ère des chefs de projets experts a eu lieu et est toujours en partie vraie dans bien des domaines très techniques, mais comme plus aucun chef de projet ne peut plus prétendre maîtriser tous les domaines d'un projet, le généraliste prend peu à peu le dessus. Point au généraliste.
Résultat : 3 points pour l'expert, 6 points au généraliste, un ex-aequo. La façon de réconcilier tout le monde est de dire que les projets ont absolument besoin des experts, qui ont un rôle majeur à jouer, mais sous la direction (non-hiérarchique) d'un généraliste.
Rôle de conduite de projet qui met la barre très haut car gérer un projet avec un ou deux experts techniques n'est pas à la portée du premier venu et demande des compétences pointues. A moins d'être un expert...en conduite de projet !
Vous-même, compareriez-vous les deux profils? Quel est votre vécu?
Tannguy
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