Chaque mois, le meilleur du management de projet (Articles, news...)
Accueil > Le blog du chef de projet > Formation management transversal : Les limites
Publié le 06 août 2010
Le management transversal a le vent en poupe : on en parle de plus en plus. De fait, cela devient une réalité pour nombre d'entre vous et une situation pas toujours confortable...
A propos de Coopil : Ateliers perfectionnement des chefs de projets : Comité de pilotage - Conflits équipier - Développer son impact - Gestion du changement - Multiculturel projet - Stress & burn-out
Définition du management tranversal
Le management transversal peut-être défini comme une activité de management (Faire-faire donc !) sans lien hiérarchique (à la différence du management classique). Le rôle consiste à faire travailler une équipe sur laquelle vous n'avez aucun pouvoir hiérarchique pour répondre aux besoins de l'entreprise.
Pour concrétiser un peu le concept, l'animation d'un réseau de correspondants qualité (ou sécurité) au sein des différents services de l'entreprise est un bon exemple.
Dans les faits, on se retrouve avec 3 cas de figures :
* Le chef de projet, manager non-hiérarchique le plus souvent, comme chef de projet fonctionnel de la mise en place d'une application RH par exemple,
* le responsable de réseau, comme l'animateur HSE, le responsable de gamme,
* le responsable de processus, en charge de maintenir la qualité d'un processus transverse (Maintien d'un processus de reporting ou veille multi-sites par exemple)
La différence entre responsable de réseau et responsable processus est la suivante : le responsable de réseau a une équipe identifiée et stable (les correspondants HSE ou sécuirté). Le responsable de processus a trop d'interlocuteurs variés et épars pour parler d'équipe, avec un vrai lien.
La relation au temps du manager transversal
Si le premier cas est connu et maîtrisé, les autres sont plus flous. Il y a beaucoup à apprendre de la méthodologie de management de projet au profit du management transverse, avec toutefois une différence majeure : la relation au temps.
Le projet est borné dans le temps, le responsable de réseau ou de processus a un rôle pérenne. Le chef de projet lutte pour tenir ses délais, le responsable réseau lutte contre l'usure du temps.
Le manager transverse doit donc sans cesse créer du nouveau, de l'actualité, maintenir l'intérêt, définir de nouveaux objectifs. Rôle usant et sans garantie de succès. Rôle ingrat bien souvent.
Formation management transversal
La formation au management transversal peut donc grandement l'aider en lui donnant des clés, en soulignant la difficulté de la tâche. Toutefois, les formations management transversal ont une limite forte : la légitimité du manager tranverse.
Avec les meilleurs outils du monde, il n'est pas possible de tenir un rôle dont personne n'a besoin, ou très flou, ou placard doré. Dans certains cas, le rôle du manager transverse est si 'artistique' que l'on se demande pourquoi il existe...C'est une dérive facile pour certains responsables de bombarder des collaborateurs managers 'transverses', histoire de les occuper ou de répondre à une demande ponctuelle de la hiérarchie, pour avoir la paix.
Une sorte de Mr Moto pour calmer la grogne des motards en quelque sorte.
Mais encore en poste 3 ans après alors que plus personne ne se rappelle de la grogne des motards et du rôle de Mr Moto...
La légitimité du manager transversal
La seule bonne question prealable à se poser comme manager transverse est donc celle de la légitimité : mon rôle est-il évident, utile, à forte valeur ajoutée ? Que se passe t-il si je ne suis pas là ?
L'exemple que je donne toujours en formation management transversal, pour la légitimité, est celle du producteur. Personne ne remet jamais en cause un responsable de production; son rôle est parfaitement légitime.
Sans légitimité, il est alors très difficile de tenir son rôle sans passer pour Don Quichotte chargeant les Moulins à vent...Même une excellente formation management transversal ne pourra alors rien pour vous.
Aucun commentaire