Coaching de Chefs de projets

Accueil > Le blog du chef de projet > Les compétences du chef de projet

Les compétences du chef de projet

Publié le 12 February 2010

Une vision très personnelle des compétences d'un chef de projet, retour d'expérience des presque 100 chefs de projets & sponsors accompagnés depuis 5 ans.

A propos de Coopil : Ateliers perfectionnement des chefs de projets : Comité de pilotage - Conflits équipier - Développer son impact - Gestion du changement - Multiculturel projet - Stress & burn-out

Bien sur, il y a les compétences attendues du chef de projet idéal, comme décrit sur
netpme, sur la base des travaux de Gilles Garel, Vincent Giard et Christophe Midler :
   * La maîtrise instrumentale du pilotage de projet => Les outils ;
   * La maîtrise des champs techniques impliqués dans le projet => Le métier technique ;
   * La compréhension des spécificités du projet et l’adhésion à ses objectifs => L'environnement ;
   * Les compétences sociales => Le travail en groupe ;
  * Les compétences de traduction entre les langages des métiers => Le rôle de facilitateur.

Bon, c'est sympa, bien léché et tout et tout. Mais c'est un peu comme le tryptique coût/délais/qualité, ça me sort par les oreilles à force de l'avoir entendu. C'est à la limite du slogan publicitaire "Seb, c'est bien". Usé jusqu'à la corde !

La vraie bonne question est de distinguer ce qui s'apprend de ce qui ne s'apprend pas. Pourquoi certains, pourtant avec peu de bagages, font d'excellents responsables de projets où d'autres ont tout (les outils, la méthode, le réseau etc..) et sont des ânes de conduite de projet.

Soulignons au passage, c'est exactement la même chose en management tout court. Mon associé Jacky Chollet (dont je vous recommande le décalé "
Développement des Compétences : Le désastre ") prétend que l'on peut former des managers en une journée ! Mais, évidemment, cela ne ferait pas vivre les boites de formation !

Pour ma part, je forme les leaders projet en quelques demi-journées par compagnonnage. Alors c'est vrai, ils ne font pas le distinguo entre méthodes des antécédents et potentiel tâches. J'avoue ! Mais ils ont l'air de savoir vivre sans. Tout comme leurs sponsors et comités de pilotage.

Donc, savoir comment miser sur le bon cheval est crucial car on a beau dire, on n'a jamais vu un âne gagner le grand prix d'Amérique, même avec un bon entrainement. Sur quels critères les sponsors peuvent-il choisir leurs chefs de projet ?

Le seul critère valable de sélection d'un chef d'un chef de projet, c'est sa capacité à douter. Non pas de manquer de confiance en soi, mais de se demander s'il va y arriver. Et cela même après 10 projets réussis.
Le chef de projet dans le doute va se tourner vers les autres, va écouter, va essayer de comprendre, va angoisser et donc prévoir le pire, va sortir de sa zone de confort. Après il suffit de disposer de quelques outils & méthodes rudimentaires pour valoriser ce doute, conduire son projet et être à la hauteur en comité de pilotage.

Le problème? Le doute ne s'apprend pas. C'est comme l'écoute réelle, on l'a ou on l'a pas. Aller en formation ou en coaching permet le plus souvent de donner l'air de... (genre Canada Dry), mais d'ici à être vraiment prêt à entendre l'autre...

Mais le doute se travaille, se développe, se cultive pour devenir une vraie compétence. Quand vous avez développé cette capacité, vous pouvez faire de grandes choses pour peu qu'on vous donne les bases techniques pour réussir, et la formation peut alors servir. Sinon...

La preuve de mon petit discours : Tous les chefs de projets avec qui je travaille doutent ! Vais-je y arriver, comment ?
Tous ont réussi. Les coïncidences ont leurs limites, ce n'est pas un hasard. J'ai mis longtemps à leur trouver ce point commun.
Ne me dites pas que mon panel n'est pas représentatif : les projets vont de 300k€ à près de 100M€, en R&D, industriel, organisation, ERP etc...Seuls les projets bâtiments & unitaires ne sont pas représentés.

En résumé, une des premières compétences d'un chef de projet est de ne pas avoir de certitudes. En outre, il est nommé sur sa disponibilité plus que sur ses compétences (voir billet
Nouvelle année, nouveaux chefs de projets). N'y aurait-il pas un gap entre théorie académique et terrain ?

La semaine prochaine dans le blog du chef de projet : Projets stratégiques, sponsors et Cadres à Haut potentiel.



4 commentaires à cet article

Gabriel

Bonjour,

Etant un élève de Terminale scientifique, le métier de chef de projet erp m'intéresse. C'est pour cela que je me permet de vous demander quelles études faut-il faire après le bac pour devenir chef de projet erp. Peut-on le devenir en sortant d'une école d'ingénieur ?
Merci.

Posté le 08-08-2012

tannguy

Merci de ces commentaires.
j'irai même plus loin : le chef de projet doit toujours être prêt à se remettre en question. Pour celà, il suffit d'écouter ses équipiers, en général ils font ça très bien!
Le plus délicat est d'écouter sans devenir girouette. Il faut une certaine force de caractère pour celà.
Oui, ce n'est pas simple!!
tannguy

Posté le 17-03-2010

Noham Choulant

Bonjour,
Bonne article, j'aimerais juste rajouter qu'un chef de projet doit aussi être capable de se remettre en question régulièrement afin de revoir son jusgement sur le projet.

Bonne soirée

Posté le 16-03-2010

Emmanuel REGIS

Bonjour Tannguy,

Oui il est clair que la gestion de projets c’est essentiellement du bon sens. Mais, les personnes ont besoin d'être rassurées donc d'être outillées. De plus ces outils permettent de développer du bon sens ;o) Vous parlez du triangle, un outil très simple, de bon sens et souvent mal compris, donc mal utilisé. Justement j’ai prévu une p’tite histoire de triangle sur ma dernière note de projets : http://www.eveillenvol.com/gdp/ERegis-NoteProjectManagement_eveilLenvolNo13.jpg .
La difficulté est de comment transmettre ce bon sens, un vaste sujet et l’accompagnement que vous faites est une très bonne idée !

A bientôt,
Emmanuel.

Posté le 22-02-2010

Ajoutez votre commentaire

Votre nom*
Email*
Commentaire*