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Projets en perdition : comment les reconnaître ?

Publié le 27 janvier 2012

Epineuse question s'il en est mais cruciale si l'on parle de redressement de projet. 

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Un projet en perdition, c'est quoi ?  Comment les reconnaître, quels sont les signaux faibles et les signaux forts ?

Les signaux forts

Ce sont les signes les plus évidents, très révélateurs et sans appel :

   * L'arrêt du projet : Le besoin reste mais le projet s'arrête le temps de se "recentrer". Pas la peine d'être devin pour y voir un signe négatif (à quelques exceptions près)

   * Le changement de chef de projet : Officiellement, c'est toujours pour une bonne raison; le chef de projet est appelé vers d'autres fonctions ou sociétés, etc...A moduler bien entendu en fonction du stade du projet. Pour les projets au long cours, changer de capitaine en route est aussi un moyen de redonner du sang frais. A cette exception près, le changement de chef de projet n'est pas un bon signe car le dicton "On ne change pas une équipe qui gagne" s'applique ici comme ailleurs.

   * La réorientation du projet : Bien entendu, cela est très négatif pour le projet car changer de direction est toujours compliqué. Faire et défaire, c'est toujours travailler, mais cela ne fait guère avancer le schmilblick et cela coûte cher. Cela suppose en outre que le projet a été mal défini au démarrage, ce n'est pas bon signe.

   * Le non-respect des livrables : Le projet ne délivre pas, ou dans des délais hors de propos, à des budgets hors de contrôle. Bref, cela ne délivre pas, ça patine, ça dépense ou pire, rien ne se passe, rien n'avance etc...

Les signaux faibles

C'est plus subtil. C'est une accumulation de petits riens qui va faire un grand tout. Cela demande de l'expérience, du nez, du flair et aucun de ces signaux pris séparément n'a de gravité mais leur accumulation est néfaste :
   * Un turn-over d'équipiers au-dessus de la moyenne,
   * Un sponsor absent en comité de pilotage,
   * L'absence de certains fondamentaux de projet : réunion de projet, copil, compte-rendu, dates-clés etc...
   * Image négative du projet ou usine à gaz, surtout s'il est plutôt vendeur,
   * Des managers de service en résistance,
   * Un chef de projet trop directif ou trop mou,
   * etc...

Les projets morts-vivants

Il m'arrive souvent en entreprise d'entendre parler de tel projet ou de tel autre, au café. Ces signaux faibles, ce dont on m'en dit, ce que j'en ressens, sont en vérité extrêmement révélateurs. Surtout si on pose en réaction quelques questions un peu affutées. Je me suis rendu compte avoir le flair assez développé. Ces projets-là, je les appelle les projets "Morts-vivants", déjà morts, mais l'équipe ne le sait pas encore.

Après, c'est toujours pareil. ceux qui ne veulent pas voir la vérité ne la voit pas, en général les équipiers et le chef de projet (car aura t-on besoin de lui pour redresser le projet ?). Accepter la situation et l'échec que cela représente n'est pas aisé. L'équipe peut se raccrocher à des illusions.

Plus fréquent, le sponsor peut comprendre le projet en échec mais ne peut se permettre de l'accepter, pour des raisons personnelles. C'est particulièrement le cas dans les projets stratégiques, où le sponsor est membre du board, cela peut le fragiliser. S'il faut alors laisser vivoter le projet des semaines ou des mois, il vivotra des semaines ou des mois. Mais le projet finira toujours sous un croix en pierre !

C'est dans ces situations là que le redressement de projet prend son sens. Pour éviter la croix en pierre.

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